La batterie des « sans papiers »

Quand tu passes près des manifestations des « sans papiers », c’est impossible d’ignorer leur énergie et le nombre de personnes qui leur accompagne, même si tu n’es pas d’accord avec leurs demandes. Mais comment font-ils pour convoquer autant des gens et les motiver à participer, même s’ils ne sont pas directement affectés? Toujours curieuse, je me rapproche de Camara Abdoulaye. Il est mauritanien et fait parti de la Coalition Internationale des Sans Papiers.

« Ben… si j’avais pris le mégaphone depuis le commencement, toute la ville de Strasbourg serait ici », assure-t-il, fier de sa capacité à mobiliser les passants. Son secret: les chansons. Plus entrainantes que les tubes de l’été, elles servent à convaincre les promeneurs de la force de leur combat.

Pour que les curieux connaissent leurs revendications musicalisées, voici les paroles et l’audio d’une de ces manifestations (extraits de la chaîne humaine pour un changement de la politique migratoire de l’UE, en face du Parlement européen, le 20 novembre dernier) :

– Ouvrez les frontières !

– Nous sommes tous des enfants d’immigrés, première, deuxième, troisième génération !

– Non à l’Europe forteresse !

– Qu’est-ce qu’on veut ?
Des papiers !
Pour qui ?
Pour tous !
Égalité ?
Pour tous !
Fraternité ?
Pour tous !
La liberté ?
Pour tous !
Circulation ?
Pour tous !
Installation ?
Pour tous !

– La loi fasciste…
Y en a marre
La loi raciste…
Y en a marre
La préfecture…
Y en a marre !
Les rendez-vous
Y en a marre !
L’année prochaine…
Y en a marre !
Après demain…
Y en a marre !
Et puis il n’y a rien…

– Papiers pour tous ! C’est ça, c’est ça l’égalité des lois !

– Nous sommes en danger
Ne sommes pas dangereux
Les immigrés en danger
Ne sommes pas dangereux

– Oh la la ! Régularisation de tous les « sans papiers »
C’est pas les « sans papiers »
C’est pas les immigrés
C’est l’Europe qu’il faut changer
Cas par cas, on avait faim
Oh le le, oh la la
Régularisation de tous les « sans papiers »
C’est pas les « sans papiers »
C’est pas les immigrés
C’est Frontex qu’il faut changer

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